THOIRAS

Histoire

Préhistoire et Antiquité

À proximité immédiate de Thoiras se trouvent deux sites qui attestent de l'ancienneté de la présence humaine sur le territoire de la commune :
  • l'ensemble mégalithique de la Grande Pallières, situé sur la commune de Saint-Félix-de-Pallières, groupe complexe de cromlech, dolmens et menhirs, unique en Europe par sa taille pour un site en grès ;
  • l'oppidum du Tinaou : situé sur le territoire de Saint-Jean du Gard littéralement à quelques mètres de la limite communale de Thoiras, ce site inexpugnable en grande partie recouvert par la végétation a été reconnu mais non fouillé11.

Moyen Âge

Une bulle du Pape Alexandre III de 1162 atteste de l'existence de l'église Saint-Jacques de Thoiras et son appartenance à l'Abbaye de Gellone. Un prieuré édifié au xve siècle jouxte l'église. La présence d'une source fait penser que cette église a pu succéder à un lieu de culte païen12.

Époque moderne

La Réforme connaît à Thoiras le même succès que dans le reste de la région. Ainsi comparaît en 1553 Louis de Toyras, seigneur de Saint-Jean, pour n'avoir pas su éviter les "désordres" (par quoi on entend alors l'apparition de prédicateurs protestants et la désaffection des églises)13. En 1560, le comte de Villars, lieutenant-général du roi, conduit à la demande de l'évêque de Montpellier une expédition dans les Cévennes pour ramener l'"ordre". À la nouvelle de son approche les gentilshommes huguenots s'arment et placent à leur tête Monsieur de Toyras, seigneur de Saint-Jean, ainsi que le plus jeune fils du baron de Lafare et du seigneur de Cardet. Villars brûle Thoiras et Cardet, et dévaste le pays pendant deux semaines, forçant les habitants à se réfugier dans les grottes et les bois. Après son départ, les habitations brûlées sont reconstruites et le progrès de la Réforme s'accélère, l'intervention militaire ayant fait l'unanimité contre elle13. La région de Thoiras devient alors 100 % protestante. En 1561, l'église du village devient un temple réformé, ce jusqu'en 1686 où la Révocation de l’Édit de Nantes le rend au culte catholique. De 1702 à 1704, Thoiras est en plein territoire camisard. Les camisards incendient le mobilier de l'église en 1702, mais surtout se cachent dans les environs (voir ci-après au chapitre "Lieux et monuments"). Dès 1755, soit plus de 30 ans avant l’Édit de tolérance de 1787, l'église revient au culte protestant.

Période contemporaine

Pendant la seconde guerre mondiale, le territoire de Thoiras est utilisé par la Résistance pour dissimuler des hommes ou dumatériel. Ainsi le château de Malérargues devient un point d'appui du groupe de résistance de Lasalle. Robert Francisque, ancien sous-officier de carrière et résistant, en est le régisseur depuis 1933. En octobre 1943, il devient responsable d'une école de cadres du maquis mise en place à Malérargues, mais le 10 mai 1944, des SS investissent le château, exécutent Robert Francisque et mettent le feu aux bâtiments. Autre exemple, au lieu dit le Bruguierol, un mas sert de refuge au maquis de Lasalle en mai 194414.

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